mardi 28 février 2006

Et toujours la pluie (et le froid) du mardi

Le "Grenier" des Goncourt











À deux pas de la Seine et du Bois de Boulogne, qui pourrait croire, s'il n'y prêtait attention, que cette "petite" maison en assez mauvais état, située au 67 du boulevard Montmorency, fut un lieu de rencontre et de réunions littéraires de certains des plus illustres écrivains du dix-neuvième siècle. Le fameux "Grenier" de Jules et Edmond de Goncourt, où se cotoyaient Émile Zola, J.-K. Huysmans, Alphonse Daudet, Henry Céard, Guy de Maupassant, René Maizeroy etc. (le blog : "Paris16info")








"Boulevard Montmorency, 55, à Auteuil. Une de ces petites maisons reblanchies de la banlieue parisienne qui, peu ou prou, semblent toutes cousiner entre elles. La façade a comme un sourire engageant, avec son balcon dont les ferrures ouvragées s'enroulent autour d'un médaillon Louis XV, ses larges fenêtres derrière lesquelles apparaissent des pans de draperies claires. Et, pointant indiscrètement par-dessus les ardoises du toit, s'échevèlent les verdures grelottantes d'un jardin qu'on devine.
C'est là.
Vous sonnez. Une vieille bonne vous ouvre et vous conduit, par un escalier aux murs couverts de tableaux vers le cabinet où travaille perpétuellement le maître.
Goncourt est assis au coin du feu, pelotonné d'un mouvement frileux dans son fauteuil, et feuilletant de ses doigts distraits les pages satinées d'un album japonnais aux enluminures bizarres... "
René Maizeroy
(passage extrait de "Chez Goncourt" - "Petites Femmes" - 1885).

lundi 27 février 2006

Canards de Seine


Peut-être les derniers (?)
(sur une chanson de Francis Blanche)

Passerelle au Bois

















La passerelle de l'Avre, dans la petite portion de la capitale qui touche le fleuve à cet endroit, coincée entre Boulogne et Neuilly ; elle permet de rejoindre Saint-Cloud. Un "bassin de vitesse" destiné aux sports motonautiques se trouve en dessous. C'est encore Paris, mais avec des airs de campagne...

Grisaille dominicale






Les tours de La Défense sont à peine visibles dans le gris sombre de l'horizon .

vendredi 24 février 2006










Les malchanceux poulets, et maintenant les pauvres canards de l'Ain... faudra-t-il bientôt se méfier des petits oiseaux gris de la grande capitale ?
"Heureusement" (façon de parler !...) ils succombent bien plus souvent d'écrasement sous les roues des automobiles que d'autre chose.
Parce qu''alors, après, il y a les canards du grand fleuve, les cygnes et même pourquoi pas les ragondins... (c'est toujours à cause des bestioles en fait, tous ces machins-là...).
Gardons-nous de la peur sur la ville.

Mais bon.




BALAYURE,

n. f. Restant de la cargaison balayé à fond de cale, généralement non comptabilisé et restant la propriété du marinier (qui peut la troquer dans les écluses).
(d'après le "
Dictionnaire marinier illustré ")

jeudi 23 février 2006

Eaux noires
















... du grand fleuve, en contre-jour, une journée de soleil... pas comme en ce moment...

mercredi 22 février 2006

Seine basse...

Niveau très bas pour le grand fleuve de la capitale en ce moment...
Par temps de pluie, les écluses "régulent" le niveau, pour éviter les crues.
Faut surveiller les amarres...

mardi 21 février 2006

La Machine de Marly












C'est la Machine de Marly
avec ses roues et ses poulies
qui fait monter l'eau de la Seine
par Louveciennes et Rocquencourt
et l'aqueduc de Bon-Secours
jusqu'aux grands bassins de la Reine
À travers les vitres mouillées
quand je vois ses longs bras rouillés
tourner en soufflant leur haleine
lorsque j'entends le bruit de la pluie
de la Machine de Marly
pourquoi ai-je tant de peine ?...
Ses gros pistons gras et luisants
me font songer à mes dix ans
pleins de machines à la Jules Verne
Et l'odeur de l'eau remuée
fait monter comme une buée
qui vient du fond des temps modernes
Et je me demande souvent
en voyant le flot bouillonnant
jouer dans les roues qui l'entraînent
si le Roi n'avait pas bâti
la vieille Machine de Marly
pour amuser un peu la Seine
Mais le temps passe peu à peu
et le grand joujou fabuleux
rongé de rouille et de gangrène
n'est plus qu'un monstre prisonnier
qui se contente de grogner
sans chercher à briser ses chaînes
Et la roue tourne avec les heures
et l'eau coule comme les pleurs
sans jamais rien qui la retienne...
Lorsque j'entends le bruit de la pluie
de la Machine de Marly
pourquoi donc ai-je tant de peine ?...

Francis Blanche (peinture de Sisley)

Pluie du mardi

















Humidité, grisaille, froid, certains matins parisiens ne sont pas très agréables...

lundi 20 février 2006

Escaliers d'argent





BAJOYER,

n. m.
Mur latéral d'une écluse.

Ligne 14















Toujours étrange, ce métro sans conducteur...
Dans ces décors luxueux, de végétations et d'éclairages sophistiqués... pour une ligne qui n'est pas vraiment la plus fréquentée...

Nouvelle cinémathèque

















À l'architecture assez "discutable" ; il est sûr que cela change radicalement de l'ancienne Cinémathèque du Palais de Chaillot (la vraie), dont la fréquentation était certes plus "confidentielle", mais peut-être plus sympathique que cette grosse machine à appâter la populasse...
On pouvait regarder tranquillement l'"Atalante", au premier rang, à côté de Jean Rouch (président, à l'époque) dans une salle remplie de "vieux" amateurs très avertis...
Autre concept, autres temps...
(Cela-dit, la Cinémathèque, ça reste bien, pour redécouvrir "grandeur nature" des grands classiques... Le site de la Cinémathèque Française)

vendredi 17 février 2006

















... fin de semaine qui commence sous la grêle...

Reste de pluie











Dans la rue de l'Ouest.

Arrivée fluviale











Rien ne vaut une arrivée dans Paris par le grand fleuve.
Avant de s'engouffrer dans le trafic infernal des bateaux-promenade, pousseurs, péniches et autres monstres flottants incitant à la plus grande prudence...

jeudi 16 février 2006

Sous les pavés...

































... de la rue des Termopyles (décidément, elle est belle cette petite rue...)

mardi 14 février 2006





AVANT-TRAQUE,

n. m.
Sorte de pataras (cable de soutien amarré à l'arrière) fixe du mât de halage, à ne pas confondre avec le verdon.

(verdon, corde de halage prise en tête de mât)

(d'après le "Dictionnaire marinier illustré")

lundi 13 février 2006

Gare de nuit











La gare d'Uusterlitz vue du pont du boulevard Vincent Auriol (13e arrondissement).

La nuit de Tolbiac
















































La nouvelle passerelle ralliant la BNF au jardin de Bercy commence à prendre forme...

Vieux papiers...














Il n'y a pas que les quais de la Seine, pour chercher des livres anciens, il y a aussi le marché du livre "Brassens" (parc Georges Brassens, rue Brancion dans le 15e), dans les anciennes halles aux chevaux.
Paradis du bibliophile, on y croise des passionnés, en dénichant peut-être un ouvrage que l'on cherche depuis longtemps, dans une ambiance sympathique (faut un peu "marchander" parfois...), même si en cette saison il fait un peu froid pour y rester trop longtemps...
Le "Brassens" du week-end peut créer une forte dépendance chez certaines personnes...

Quartier très couru...

















Visiblement, le week-end, tout le "Paris" jeune et branché se donne maintenant rendez-vous Cours Saint-Émilion, ou alternent restaurants, bistros "chics", grand complexe cinéma et boutiques à la mode...

vendredi 10 février 2006

Paris travaux














Encore et toujours les travaux parisiens, place d'Italie, pour rétrécir un peu plus la place et empêcher toujours d'avantage les automobilistes de rouler (et accessoirement, les piétons de marcher...).
(Faut bien trouver des raisons de râler dès le matin...)

















Bel exemple de circulation totalement bloquée après les travaux, l'avenue des Gobelins, avec le couloir de bus, le "mobilien" à Bertrand et les quatre ou cinq feux...
Tout est bloqué, même le dimanche...
(on ne peut pas s'empêcher de penser que c'est, peut-être, fait exprès...(?))
Et tout cela ne serait pas si grave, si cela n'occasionnait pas de réels problèmes :
- comment font les gens qui veulent déménager (ou l'inverse), où peuvent se garer les véhicules ?
- les pompiers, les ambulances, où se garent-ils (dans certains cas c'est impossible) ?
- le but final est-il véritablement de faciliter la vie des citadins ?
Reste plus qu'à s'entasser dans l'métro ou a attendre un hypothétique bus dans le froid...

(Un Paris pour qui ?)

Fini l'argentique... (?)

















Tous nos vieux boitiers à pellicules sont donc maintenant relégués au placard, ou avec les antiquités poussiéreuses d'un autre âge ?
Sans doute... et puis il n'y a plus guère de choix... surtout si la production de pellicules gélatineuses s'arrête...
Alors oui, le numérique offre d'autres avantages (la vision instantanée, plus de coût de laboratoire, la rapidité, d'autres possibilités créatives etc...)...
Mais bon, c'est pas facile quand même de tout abandonner, et de repartir (comme avec l'informatique ou la vidéo) dans la folle course à la technologie... (avant, un bon boîtier, on le gardait toute sa vie...).
Mais bon.

jeudi 9 février 2006





AVALANT,

n. m.
Bateau descendant dans le sens du courant. Le bateau avalant est toujours prioritaire sur le montant (normalement...).

AVALER,
Descendre le courant.

Photo de presse (présidentielle)


Souvenir d'une des quelques occasions où j'ai été amené à me transformer en "photographe de presse", pour un reportage de commande (lors d'un rassemblement agricole)...
Et, là, je me suis rendu compte que ce métier ne devait pas être "amusant" tous les jours. D'abord, on est très loin d'être le seul sur place, ensuite, entre la foule piétineuse et les gardes du corps autoritaires, il faut user des arguments les plus convaincants pour qu'on accepte de nous laisser prendre un malheureux cliché (en expliquant qu'on est pas là pour rigoler, et qu'on a une image précise à faire...), avant d'être expulsé par la marée humaine que déclenche toujours le déplacement de ce genre de grand personnage...
On s'aperçoit du côté un peu "ingrat" et très "physique" de cette activité...
L'essentiel est de toute façon d'avoir bien réalisé l'image qu'on venait chercher...
La nature, les champs de betteraves ou de maïs je dis pas, mais photographier des "grosses légumes"... ce n'est pas si évident...

Mais bon...

Lion de nuit

mercredi 8 février 2006

















Certains matins gris et pluvieux, la rue de la Gaité ne porte pas très bien son nom.
On l'arpente pour aller travailler mais son animation traditionnelle ne se réveille que le soir, à l'heure des restaurants et des spectacles...

mardi 7 février 2006

Lumières humides

Au pays des reflets































Paris La Défense... sûrement un des plus beaux terrains de chasse à la lumière...
(photos réalisées il y a une dizaine d'années, au Nikon F801 et au Kodachrome 50 asa (c'était le bon temps...))

Le phare de Paris

















Navires sur le fleuve et automobiles sur la voie rapide, guidés par le grand phare de la capitale...
(c'est vrai que c'est plus joyeux, depuis que la grande tour scintille tous les soirs...)

lundi 6 février 2006





AUVE,
n. m. (ancien)
Banc de gravier émergeant.

(d'après le "Dictionnaire marinier illustré" - Bief édition - 1998)

vendredi 3 février 2006

La Seine est un miroir...

















(Surtout en hiver, quand il fait froid...)

Rue au petit matin


















La grande ville s'éveille, rue des Termopyles (14e).

jeudi 2 février 2006

Un air de bord de mer...
















Mais où vivent donc tous ces oiseaux par de telles températures, et de quoi peuvent-ils bien se nourrir (à part des morceaux de pain qu'on leur lance...) ?

Sur les quais


















"Toujours aux mêmes places depuis des années, comme incrustées dans les moellons rugueux que l'haleine humide de l'eau a teintés de plaques glauques, les antiques boîtes des brocanteurs de vieux bouquins couvrent le parapet du quai. De loin, à les voir noyées dans l'ombre frissonnante des arbres, alignées, pressées les unes contre les autres avec leurs couvercles de fer-blanc irrégulièrement dressés, on dirait de massives coquilles dont les valves bâillent et s'entr'ouvrent aux tiédeurs molles de l'air.
Et par taches, comme des couleurs brouillées pêle-mêle sur une palette, apparaissent les cuirs encrassés des reliures anciennes, la blancheur mate des paperasses, le jaune, le rouge, le bleu, le vert, tous les tons de ces couvertures de romans qui ont essuyé les tables poussiéreuses des cabinets de lecture, qui ont traîné sur les planchers, dans les coins obscurs des librairies et que tant de mains ont marqué de leur empreinte graisseuse.
Pauvres bouquins étalés en plein air, timbrés de prix dérisoires comme des vieilleries dont personne ne veut plus, empilés en des cases étroites et sans trêve dérangés de leur mélancolique sommeil par quelque importun, ils ont cependant leurs amoureux, des amoureux jaloux, enthousiastes, qui se courbent sur eux des heures entières, qui les regardent fièvreusement, les touchent, les ouvrent, les lisent page à page et les enveloppent comme de tendresses désirantes !
Les voici tous, s'arrêtant, flânant, brinqueballant devant les casiers qui débordent et qui attirent comme s'ils renfermaient des trésors inconnus.
Ils sont là, l'échine cassée, le cou tendu, la lèvre pendante, les vieux maniaques qu'obsède l'idée fixe de découvrir une introuvable édition ou le volume qu'aucune bibliothèque ne possède encore. Leur redingote jammais brossée, datant on ne sait de quel règne, a dans la clarté crue du jour des reflets verdâtres et le luisant du drap trop usé. Leur chapeau de soie déformé semble envahi par une lèpre jaunâtre. Le bas des pantalons s'effiloque comme ceux d'un mendiant. Ils ont des gestes gauches de marionnettes détraquées. Ils puent.
Mais qu'en remuant, en feuilletant les bouquins, ils viennent à faire une trouvaille précieuse, on ne songe plus à rire de ces silhouettes caricaturales. Dans leurs traits transfigurés rayonne alors une lumineuse béatitude, le regard flamboie derrière les lunettes ternes, les lèvres marmottent des exclamations triomphantes, ils grandissent, ils se redressent, ils vivent un instant, ils jouissent, ils se roulent dans l'ivresse fabuleuse et l'orgueil de la possession longtemps espérée.
Et brusquement, comme une bougie soufflée, leur figure ratatinée s'éteint à nouveau ; ils redeviennent plus grotesques, plus lamentables qu'avant. Ils lâchent le livre merveilleux. Ils recommencent la fouille avec une indifférence savante de comédien car ils ont aperçu tout près d'eux le brocanteur qui guette leur émoi, qui surveille la pratique comme un chien de berger rôdant autour de son troupeau et qui s'approche aussitôt souriant, obséquieux, répétant de son ton âpre :
"Monsieur désire sans doute ce volume. Une œuvre très rare dont j'ai refusé aujourd'hui un gros prix, mais si monsieur était raisonnable, on pourrait s'entendre..."
Voici les étudiants sans le sou qui sont venus acheter un indigeste recueil de droit ou des manuels de médecine ; les potaches en vacances qui, inquiets, troublés comme si quelque pion les épiait, reluquent les mauvaises gravures des livres érotiques ; les badauds qui s'attardent à lire un chapitre de roman, sans savoir pourquoi ; des soldats qui se montrent du doigt niaisement les images d'un album de Daumier, et des gamines en cheveux qui choisissent des romances à vignettes sentimentales.
Le va-et-vient ne cesse pas le long du trottoir.
Seuls, les vieux bibliomanes ne s'en vont pas, et ils passent leur journée ainsi à respirer ces relents de moisissure, cette odeur fade de papier sale qui s'évapore des bouquins remués. Ils s'en grisent, ils s'en imprègnent comme les amants qui baisent follement les cheveux d'une adorée pour en garder toujours la senteur délicieuse aux lèvres. Et hypnotisés dans leur extase stupide, ils ne voient pas le décor admirable qui les entoure, la Seine verte, dorée d'étincellements métalliques, où les ponts traversés d'un perpétuel grouillement de foule et d'omnibus jaunes, les bateaux-mouches, pareils à des insectes errants que le vent emporte à tire-d'aile, mirent leurs colorations fugaces et à chaque instant nouvelles ; les lignes sévères du Louvre, comme assoupies sous le ciel bleu, et au fond, la houle vague des toits violets, les contours inachevés de l'Hôtel de Ville, les verdures du Pont-Neuf, les tours Notre-Dame et cette aiguille élégante de la Sainte-Chapelle, qui pointe au-dessus des maisons entassées comme une fusée d'or. Ils ne voient pas les vols d'oiseaux qui s'échevèlent parmi les nuages, les jolies filles aux toilettes claires qui les frôlent en passant, la vie, la joie de la grande ville rajeunie qui éclate de tous côtés.
Eh ! ne sont-ils pas plus heureux que nous, de ne rien voir, de ne rien entendre – de ne pas vivre ! "
René Maizeroy - Sur les quais (extrait de Petites femmes - 1885)







Finalement l'ambiance n'a pas tellement changé...
Et puis il y a le Marché Brassens, c'est bien aussi, toute une ambiance...

René Maizeroy
(Baron Jean-René Toussaint)
1856-1918
Surtout connu de nos jours pour avoir été un ami de Guy de Maupassant (comme l'indiquent des correspondances). Ancien militaire, journaliste, a écrit beaucoup de romans, dont notamment : Celles qui osent, l'Amour qui saigne, La chair en joie le cœur en peine, l'Adorée, Deux amies etc.

mercredi 1 février 2006

Tours brumeuses
















À peine visible parmi les arbres, la "tourifel" ne se dessine que très légèrement dans le ciel embrumé... et la tour de Montparnasse semble lointaine et légère...
Par cet air pourtant si frais, cela serait-il le résultat de la pollution... (?)
(on pourrait le penser en voyant l'indice de qualité de l'air sur la capitale aujourd'hui (médiocre) : Airparif )